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Contre les violences conjugales et le sexisme10/09/2006 11:14:34
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Mesdames, Messieurs,
Dans le pays où a été rédigée la Déclaration des droits de l'Homme, les droits des femmes ne sont pas toujours respectés. Deux exemples suffisent à le montrer : les violences conjugales et la persistance du sexisme.
Chaque année, 48 000 femmes sont violées ; 10 % des femmes subissent des violences physiques et psychologiques au sein de leur couple ; quatre cents femmes, en France, meurent chaque année à la suite de ces violences. Chaque année, 42 000 hommes exercent des violences sur leur compagne, mais seuls 300 d'entre eux sont accueillis dans des centres spécialisés.
Dans un pays où la devise « Liberté, égalité, fraternité » est inscrite au fronton de tous les édifices publics, comment pouvons-nous tolérer la violence contre les femmes, qui constitue l'un des plus grands scandales de notre époque en matière de droits humains ?
Ce n'est pas une affaire privée, mais l'affaire de tous, et en premier lieu des services publics et du législateur. En tant que députés, il nous faut agir contre la banalisation ou la minimisation des situations de violences conjugales, trop souvent passées sous silence comme un tabou.
D'abord, un travail de sensibilisation, d'éducation est indispensable, pour apprendre aux femmes à parler, à dire non, à ne plus supporter la violence au nom de l'amour qu'elles portent à leurs enfants.
Notre pays doit également mettre en œuvre une mobilisation de la justice, dans la mesure où un trop grand nombre de plaintes relatives à des faits de violences conjugales demeurent sans suite. Cette situation anormale entraîne une impunité de l'auteur de la violence - or, la spirale ne peut être stoppée s'il n'y a pas de sanction judiciaire - et un découragement de la victime qui, ne voyant aucune réaction des autorités judiciaires, risque de perdre confiance en la justice.
La récente loi sur le divorce a permis quelques avancées - en particulier, la disposition permettant au juge, en cas de violences conjugales, d'attribuer le logement familial à l'époux victime et à ses enfants, et de prononcer l'éviction du conjoint violent -, mais il faut aller plus loin. La réflexion sur les violences conjugales doit, en particulier, prendre en compte la détresse des victimes au sein de couples non mariés.
Les violences conjugales appellent des réponses autres que juridiques. Les associations font aujourd'hui un travail remarquable, pour apporter aux victimes tout le réconfort et la compréhension nécessaires. Elles doivent être reconnues et insérées dans des réseaux reliant tous les acteurs.
Le sexisme constitue un fléau dans notre société. Les injures, les propos dégradants et discriminatoires ne sont pas seulement des mots : ces actes de langage sont des violences, des actes d'affaiblissements de l'individu. Le sexisme est une réalité prouvée de longue date, mais la loi refuse toujours de lutter ouvertement contre le sexisme, alors qu'elle le fait depuis 1972 contre le racisme et l'antisémitisme.
Cette proposition de loi vise à un véritable changement des mentalités, indispensable pour mettre fin à ces actes de violences et à ces souffrances de femmes.
http://www.assemblee-nationale.fr/12/propositions/pion1949.asp
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